À propos
Les bonnes vivantes, c’est la plateforme qui va vous donner plus envie d’adopter les algues que d’adopter un mec !
Qui sommes-nous ?
Blutopia
Blutopia est une association loi 1901 reconnue d’intérêt général créée en 2018 à La Rochelle.
Chez Blutopia, on a un rêve : que le tofu frit aux algues soit plus populaire que le fish & chips. Parce que l’on veut que notre génération et les suivantes puissent manger avec gourmandise. Mais aussi parce que l’on compte bien continuer à s’émerveiller devant un crabe sur la plage, un dauphin au large ou encore un phoque qui danse au milieu des algues. Pas vous ?
Notre mission chez Blutopia, c’est de réinventer notre alimentation pour préserver l’océan.
Et pour l’atteindre, on mène des campagnes d’impact qui s’appuient sur 4 piliers :
• S’inspirer avec des documentaires pour changer les imaginaires collectifs et faire émerger de nouveaux récits plus désirables autour de notre alimentation
• Se former avec des outils pédagogiques et le podcast ondine pour apporter plus de connaissances sur les enjeux liés à l’alimentation et l’océan
• Agir avec des livres de recettes, des ateliers culinaires et des chantiers participatifs dans des fermes d’algues pour faciliter la transition vers une alimentation plus soutenable
• Faire société avec notre newsletter mensuelle SPLASH! et notre action de plaidoyer pour faire changer les réglementations à l’échelle nationale et européenne.
Data For Good
Data For Good est une association loi 1901 créée en 2014 qui rassemble une communauté de 7 000+ bénévoles tech (Data Scientists, Data Analysts, Data Engineers, Developers, UX/UI Designers, Product & Project Owners) souhaitant s‘engager pour l‘intérêt général.
Nous travaillons chaque année avec une quinzaine d’associations pour co-construire des projets qui œuvrent pour la justice sociale, la démocratie et l’environnement. Nous avons ainsi accompagné, accéléré et co-construit plus de 100 projets depuis 10 ans.
Nous sommes également fervents critiques des risques et des dérives de la technologie. Faire partie de la communauté est aussi s’engager pour une technologie sobre et respectueuse des enjeux sociaux et environnementaux, et accepter que la technologie n’est pas la solution à tous les problèmes.
Un immense merci
aux volontaires qui ont mis leurs talents et leur temps pour permettre à ce projet de voir le jour : Anna Lardicol, Anne Lombard, Aurélie Auzas, Cathy Tregaro, Céline Martineau, Gaëlle Nordström-Schüler, Jean-Baptiste Nez, Kimberly Black, Maxime Lévêque, Nicolas Viennot, Pauline Bir, Yves Pouderoux.
Votre aide a été précieuse.
Pourquoi Les bonnes vivantes ?
90%
des stocks de poissons sont surexploités ou pleinement exploités.
On a vidé les
3/4
de l’océan.
On émet
2,5
tonnes d’équivalent CO2 par an et par personne rien qu’avec notre alimentation.
Des chiffres comme ceux-là, on peut vous en citer des centaines. Mais chez Blutopia, on préfère se concentrer sur les solutions.
Et si la réponse se trouvait dans l’océan ?
Les algues pourraient bien faire partie des ingrédients majeurs pour transformer nos assiettes et relever les défis écologiques et sociaux. Mais aujourd’hui, ces légumes de la mer restent méconnus et souffrent d’une mauvaise réputation. Avec Les bonnes vivantes, on veut (re)mettre les algues au goût du jour. Parce qu’on est convaincu que l’alimentation est bien plus qu’un simple besoin : c’est un levier puissant pour construire un avenir résilient.
Approche
La plateforme lesbonnesvivantes.org a été créée pour (re)mettre les algues au goût du jour et pour rendre accessibles les connaissances scientifiques sur les algues, des ressources marines encore méconnues et pourtant aux multiples potentiels.
Notre approche repose sur trois valeurs :
Open source : données et analyses disponibles en accès libre.
Collaboratif : projet né de la collaboration entre Blutopia et Data For Good.
Fondé sur la science : sources scientifiques vérifiées et rapports d’organismes officiels (Anses, EFSA, FAO, CEVA, Global Seaweed Coalition, Agreste, FranceAgriMer, UNEP, Agribalyse).
Notre démarche s’est faite en trois étapes :
Identification des sujets prioritaires : histoire et consommation, santé, environnement, économie.
Recherche approfondie : bases de données scientifiques, rapports institutionnels, expertise du CEVA.
Données vérifiées : informations vérifiées en interne, sources systématiquement citées.
Une question ? Une suggestion ? Contactez-nous.
Sources et méthodologie
Les espèces d’algues comestibles
Le tableau présentant le nombre et la proportion d’espèces décrites dans les groupes d’algues marines s’appuie sur les données de AlgaeBase (Guiry & Guiry, 2025), une base de données scientifique internationale de référence sur les algues. Les chiffres concernant les 12 000 espèces d’algues décrites et l’estimation allant jusqu’à 24 000 espèces potentielles proviennent du State of the World’s Seaweed Report 2025, publié en mai 2025. Ce rapport consolidé rassemble les connaissances scientifiques mondiales sur la biodiversité algale.
Les 700 espèces d’algues comestibles identifiées (environ 195 brunes, 345 rouges et 125 vertes) sont issues des travaux de Pereira (2016), synthétisés dans le même rapport. Les 25 espèces autorisées à la consommation en France (dont 3 microalgues) sont répertoriées dans la synthèse réglementaire 2024 publiée par le CEVA (Centre d’Étude et de Valorisation des Algues).
Les algues et nos ancêtres
La frise chronologique retraçant l’histoire de la consommation d’algues s’appuie sur plusieurs sources scientifiques et historiques convergentes. L’hypothèse de « l’autoroute des algues » (vers -30 000) et les preuves archéologiques des grottes de Monte Verde au Chili (vers -14 000) proviennent de recherches archéologiques sur les migrations humaines préhistoriques le long de la côte Pacifique.
Les informations sur l’utilisation des algues par les Vikings (800-1200) contre le scorbut, la consommation d’algues par les Européen·ne·s jusqu’au Moyen-Âge (1492), le développement du nori séché au Japon (vers 1600) et la Grande Famine irlandaise (1845-1852) sont issues de diverses sources historiques et ethnographiques citées dans la documentation du CEVA et de l’ouvrage “La révolution des algues“ de Vincent Doumeizel sur les algues.
Les algues et nous : consommation en France
Le chiffre de quelques grammes par an et par personne en France est précisé à 7,8 g d’algues par habitant·e par an pour l’année 2022, selon le rapport « The fisheries and aquaculture sector in France – Data 2023 » publié par FranceAgriMer. Ce chiffre inclut les macroalgues, microalgues et spiruline.
La comparaison avec la Corée du Sud (3,5 g par jour et par personne en 2021, soit 3,7 g pour les hommes et 3,2 g pour les femmes) provient de l’étude « Évaluation et suivi de la contribution sociale et économique de la filière des macroalgues » publiée par FranceAgriMer en 2024, qui cite des sources coréennes (COR16).
Les données sur les habitudes de consommation européennes sont issues de l’Eurobaromètre spécial 558 publié en février 2025, portant sur les habitudes des consommateurs de l’UE en matière de produits de la pêche et de l’aquaculture. Cette enquête, menée en septembre-octobre 2024 auprès de 26 510 personnes dans les 27 États membres, révèle que 48 % des Européen·ne·s consomment des algues moins d’une fois par mois et 27 % n’en consomment jamais.
Mille usages, bien au-delà de l’assiette
Les informations sur les multiples usages des algues (alimentation, cosmétiques, compléments alimentaires, pharmacie, fertilisants, nutrition animale, industries) s’appuient sur plusieurs sources complémentaires. La citation de Vincent Doumeizel (« Que sait-on faire avec les algues ? Presque rien. Que peut-on faire avec les algues ? Presque tout. ») provient de ses travaux de vulgarisation scientifique sur les algues.
Les données nutritionnelles détaillées sur les différentes espèces d’algues (nori, wakamé, kombu, laitue de mer) sont issues de la base CIQUAL (Centre d’Information sur la Qualité des Aliments) et de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), notamment via le document technique « Edible seaweed species ».
L’exemple des bulles d’eau encapsulées distribuées au marathon de Londres 2019 par l’entreprise Notpla illustre les innovations concrètes dans le domaine des emballages à base d’algues. Les informations sur la production française et européenne proviennent de l’étude de marché « The seaweed market in France » publiée par Business Coot, mentionnant la position de la France comme 2ᵉ producteur européen après la Norvège.
Les algues : bien plus que des légumes de la mer
Les données nutritionnelles présentées pour les 8 espèces d’algues autorisées à la consommation en France proviennent de deux sources principales complémentaires : la base de données CIQUAL (Centre d’Information sur la Qualité des Aliments) version août 2025, gérée par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), et les fiches de composition nutritionnelle des algues alimentaires publiées par le CEVA (Centre d’Étude et de Valorisation des Algues) entre 2011 et 2015.
Les tableaux et graphiques ont été réalisés avec Python à partir de ces données. Les valeurs nutritionnelles présentées correspondent aux algues sous forme sèche ou déshydratée, qui est la forme la plus couramment consommée en France et la seule pour laquelle des données nutritionnelles complètes sont disponibles. Cette précision est essentielle car la déshydratation concentre les nutriments en retirant l’eau, augmentant ainsi proportionnellement leur teneur par rapport aux algues fraîches ou réhydratées.
L’Analyse en Composantes Principales (ACP) permettant de comparer les profils nutritionnels des algues avec 3 185 aliments répertoriés dans la base CIQUAL a été réalisée en croisant les données du CEVA et de la base CIQUAL. Cette analyse visualise les similarités nutritionnelles entre algues et divers groupes d’aliments fonctionnels riches en protéines, fibres, minéraux ou vitamines.
Le CEVA rappelle que les compositions présentées doivent être considérées comme des moyennes, car elles peuvent varier en fonction de la saison, de la localisation, du mode de culture, de l’échantillonnage et de la méthode analytique. Par exemple, la dulse (Palmaria palmata) contient jusqu’à 21,9 % de protéines pour une portion de 8 g en hiver/printemps, contre 11,9 % en été/automne, selon les données du CEVA.
Note importante : Toutes les espèces du genre Porphyra (nori) sont représentées par une seule entrée dans la base CIQUAL (Porphyra and Pyropia spp.), ce qui explique pourquoi 7 espèces d’algues rouges assimilées au nori figurent dans le tableau réglementaire mais seulement 1 apparaît distinctement dans les graphiques. L’algue rouge Phymatolithon (ex-Lithothamnion calcareum) n’a pas été incluse dans l’étude en raison de données nutritionnelles insuffisantes.
Protéines, lipides et minéraux
Les comparaisons nutritionnelles présentées dans les podiums (protéines, calcium, vitamine C) s’appuient sur les données de la base CIQUAL et des fiches nutritionnelles du CEVA. Ces comparaisons mettent en perspective les teneurs en nutriments des algues déshydratées avec celles d’aliments d’origine animale dans leur état cuit, qui est la forme la plus courante de consommation en France.
Les informations générales sur les propriétés nutritionnelles des algues (protéines, fibres, minéraux, vitamines) sont issues de plusieurs publications scientifiques, notamment l’article « Seaweed as a source of functional ingredients » publié dans Phytochemistry Reviews (PMC3139236) et la synthèse de la FAO (Food and Agriculture Organization) « Edible seaweed species » disponible dans le document technique y4765e/y4765e0b.
Les teneurs en acides gras saturés et la composition en lipides des algues proviennent des analyses de la base CIQUAL, bien que certaines données restent incomplètes pour plusieurs espèces.
L’iode : un allié précieux, à consommer intelligemment
Les informations sur l’iode constituent une section majeure documentée par plusieurs sources officielles complémentaires. Les Apports Nutritionnels Satisfaisants (AS) pour l’iode sont définis par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) dans son avis scientifique de 2014 : 90 à 130 µg/jour pour les enfants de 1-17 ans, 150 µg/jour pour les adultes, et 200 µg/jour pour les femmes enceintes et allaitantes.
Les Limites Supérieures de Sécurité (LSS) sont définies par l’Anses dans son avis de 2018 « Relatif au risque d’excès d’apport en iode lié à la consommation d’algues dans les denrées alimentaires » : 200 à 500 µg/jour pour les enfants de 1-17 ans et 600 µg/jour pour les adultes. La LSS correspond à la quantité maximale d’iode qui « n’est pas susceptible d’entraîner des effets indésirables lorsqu’elle est ingérée de façon chronique ».
Le tableau présentant les teneurs en iode des macroalgues selon les espèces provient de ce même avis de l’Anses (pages 6-7), qui compile les données du CEVA datées entre 2011 et 2015 pour des algues déshydratées. Ce tableau montre que les algues brunes présentent des teneurs très élevées (pouvant dépasser 10 000 µg/g de poids sec pour la laminaire), tandis que les algues rouges contiennent moins de 1 000 µg/g et les algues vertes moins de 100 µg/g.
Les données sur la consommation moyenne d’iode en France proviennent de l’étude INCA3 (Étude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires, 3ème édition), menée par l’Anses. Cette étude révèle que les hommes adultes consomment en moyenne 160,2 μg d’iode par jour et les femmes adultes 136,5 μg, niveaux bien en dessous de la LSS de 600 µg/j, laissant une marge de sécurité d’environ 450 µg/j.
Les informations sur la réduction de la teneur en iode par les différents procédés de transformation (blanchiment, stérilisation, surgélation, salage) sont issues du projet collaboratif SENSALG mené par le CEVA avec des producteurs et industriels de l’agroalimentaire du Grand Ouest. Ce programme a démontré qu’une cuisson à la vapeur ou en ébullition peut réduire de 58 % la teneur en iode de l’algue. Les algues commercialisées sous forme fraîche (stabilisées dans du sel) ou stérilisées ont perdu une grande partie de leur teneur en iode selon le document du CEVA « Faut-il avoir peur de l’iode des algues ?« .
La biodisponibilité de l’iode (capacité du corps humain à l’assimiler) est documentée par l’EFSA, indiquant que l’absorption intestinale de l’iode est supérieure à 90 %, mais que la biodisponibilité réelle varie de 49 à 82 % selon les espèces et conditions expérimentales, d’après l’étude publiée dans British Journal of Nutrition (2021) « Iodine content and bioavailability in seaweed ».
L’EFSA a également publié en mai 2025 une réévaluation du risque lié au perchlorate, un contaminant qui bloque l’absorption de l’iode par la thyroïde, fixant une dose journalière tolérable de 1,4 μg/kg de poids corporel et soulignant l’importance d’un apport adéquat en iode pour la santé.
Les vitamines : le plein de l’alphabet
Les informations sur les vitamines A, B1, B2, B3, B6, B9, C, D, E et K présentes dans les algues proviennent des données de la base CIQUAL et des fiches nutritionnelles du CEVA. Les comparaisons avec d’autres aliments (notamment l’orange pour la vitamine C) s’appuient sur ces mêmes sources.
La vitamine B12 : une question complexe
La section sur la vitamine B12 s’appuie sur plusieurs sources scientifiques et recommandations officielles. L’Anses définit l’apport journalier recommandé en B12 à environ 4 microgrammes dans ses références nutritionnelles en vitamines et minéraux.
L’information selon laquelle les algues contiennent une pseudo-vitamine B12 non assimilable par l’organisme humain est confirmée par l’étude japonaise de 1999 publiée dans International Journal of Vitamin and Nutrition Research par Yamada K. et Yamada Y., « Bioavailability of dried asakusanori (Porphyra tenera) as a source of cobalamin (vitamin B12)« . Cette étude conclut que « ni le nori cru ni le nori séché ne permettent de faire baisser le taux d’acide méthylmalonique chez l’espèce humaine. Par conséquent, aucune forme [de cobalamine contenue dans le Nori] n’est une source de vitamine B12 [assimilable] pour l’espèce humaine. »
Les recommandations sur la complémentation en B12 pour les personnes suivant un régime végétarien ou végétalien proviennent de l’ONAV (Observatoire National de l’Alimentation Végétale) dans son document de position « Statut et complémentation en vitamine B12 » (version 2, mai 2022). L’ONAV propose plusieurs modalités de complémentation journalière ou périodique adaptées aux adultes, utilisant principalement la cyanocobalamine, forme synthétique de la B12 la plus répandue et la moins chère.
L’Anses précise également que les aliments enrichis en B12 doivent contenir au moins 0,38 microgrammes de vitamine B12 pour 100 g, 100 ml ou par emballage pour que l’apport soit considéré comme efficace.
Fibres, antioxydants et anti-inflammatoires
Les données sur les teneurs en fibres des algues (jusqu’à 49,5 g pour 100 g pour le wakamé atlantique et 44,6 g pour le fucus vésiculeux) proviennent de la base CIQUAL et des fiches du CEVA. Les informations sur les bienfaits des fibres pour la santé intestinale et digestive sont issues de la littérature scientifique générale sur la nutrition et des publications du CEVA.
Les informations sur les composés antioxydants et anti-inflammatoires présents dans les algues (fucoxanthine, phycoérythrine, bêta-carotène, vitamines C et E) sont documentées dans plusieurs publications scientifiques, notamment « Bioactive Compounds from Brown Seaweeds: Phloroglucinol, Fucoxanthin and Fucoidan as Promising Therapeutic Agents against Inflammation, Cancer and Oxidative Stress » (Frontiers in Nutrition, 2025) et « Seaweeds as Source of Bioactive Phytochemicals » (Phytochemistry Reviews, PMC6551690).
Les polluants dans les algues
Les informations sur les métaux lourds (arsenic, mercure, cadmium) et les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) potentiellement présents dans les algues sont contextualisées par le cadre réglementaire français. Le CEVA a publié en 2019 une mise à jour réglementaire « Edible Seaweed and Microalgae – Regulatory Status in France and Europe » présentant les teneurs maximales autorisées en iode et en métaux lourds pour la commercialisation des algues, basées sur les recommandations du CSHPF (Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France, 1990), de l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments, 2009) et de la Commission Européenne (2008).
Le concept de bioaccumulation dans la chaîne alimentaire, expliquant pourquoi les algues (en bas de la chaîne) accumulent moins de polluants que les poissons prédateurs comme le thon (au sommet), est un principe écologique bien établi en écotoxicologie.
Les informations sur l’encadrement de la filière en France et le contrôle de la qualité de l’eau des zones de récolte sont issues des documents réglementaires du CEVA et de l’Anses sur le statut des algues alimentaires en France.
Fréquence de consommation et digestion
Les recommandations sur la fréquence et les quantités de consommation (quelques cuillères à café d’algues par jour) sont issues des conseils pratiques du CEVA et de l’Anses, qui préconisent une consommation modérée pour éviter les excès d’iode tout en bénéficiant des apports nutritionnels.
L’information selon laquelle les Japonais·es possèdent une enzyme pour mieux digérer les algues rouges provient de l’étude publiée dans Nature en 2010 par Hehemann et al., « Transfer of carbohydrate-active enzymes from marine bacteria to Japanese gut microbiota« . Cette recherche menée à la Station Biologique de Roscoff a démontré que les bactéries du microbiote intestinal des Japonais·es (Bacteroides plebeius) avaient acquis le gène codant pour les porphyranases (enzymes qui dégradent le porphyrane des algues rouges du genre Porphyra) par transfert horizontal de gènes à partir de bactéries marines (Zobellia galactanivorans).
Cette adaptation, mise en évidence par l’analyse du métagénome intestinal de 13 Japonais·es et 18 Américain·e·s, montre que la porphyranase était présente dans la flore intestinale des Japonais·es mais absente chez les Américain·e·s. Le fait que l’algue nori soit consommée crue au Japon a favorisé le contact entre populations bactériennes et le transfert génétique, permettant aux Japonais·es de digérer efficacement les algues rouges.
Les bienfaits des algues sur l’océan : rôle dans le cycle du carbone
Les informations sur le rôle des algues dans le cycle du carbone proviennent principalement du State of the World’s Seaweed Report 2025 (Corrigan, S., Cottier-Cook, E.J., Lim, P.-E. & Brodie, J., 2025, Natural History Museum, London). Ce rapport consolidé souligne que les algues jouent un rôle significatif dans le cycle du carbone et la régulation du changement climatique, bien que ce rôle reste difficile à quantifier avec précision.
Les estimations les plus enthousiastes, citées dans le rapport, indiquent que « les algues captent un flux annuel de dioxyde de carbone comparable à celui de la forêt amazonienne » (Duarte et al., 2022) et que « les habitats d’algues ont été estimés comme captant plus de carbone que les forêts terrestres, les herbiers marins, les mangroves et les marais salants ». Les taux de production sont particulièrement élevés : plus de 650 grammes de carbone par m² par an dans les zones subtidales et 1700 g de carbone par m² par an dans les zones intertidales (Pessarrodona et al., 2022), soit jusqu’à 10 fois plus que le phytoplancton côtier dans les mers tempérées et polaires.
Pour les forêts de laminaires spécifiquement, les données d’Eger et al. (2023a) indiquent qu’un hectare de forêt de laminaires retire en moyenne 720 kg de carbone, 660 kg d’azote et 60 kg de phosphore de l’environnement par an. Les taux de séquestration du carbone par les laminaires sont estimés entre 30 et 215 g de carbone par m² par an, avec d’importantes marges d’erreur reflétant la complexité de ces mesures.
La distinction entre captation (processus à court terme et échelle locale) et séquestration (emprisonnement du carbone sur plusieurs siècles) est un concept clé expliqué dans le rapport pour comprendre les nuances du rôle des algues dans le cycle du carbone.
Acidité de l’océan et biodiversité marine
Le chiffre de 30 % d’augmentation de l’acidité de l’océan en moins de 200 ans provient des données scientifiques consolidées dans le State of the World’s Seaweed Report 2025, qui explique comment la captation de CO2 par les algues augmente le pH de l’océan et réduit son acidité, bénéficiant ainsi aux organismes à structures calcaires comme les coraux, les huîtres et les moules.
Les données sur l’Indice Planète Vivante (IPV) marin montrent une baisse de 56 % entre 1970 et 2020, selon le Rapport Planète Vivante 2024 publié par la Zoological Society of London (ZSL) et le WWF. Cet indice est construit à partir de séries chronologiques de tailles de population, de densité et d’abondance d’espèces marines, avec les poissons représentant la majorité des données. L’IPV marin est celui qui a le moins baissé des trois systèmes (terrestre, eau douce, marin), l’indice des ressources en eau douce ayant chuté de 85 % sur la même période.
Les informations sur le rôle des algues comme habitat et source de nourriture pour la biodiversité marine sont issues du State of the World’s Seaweed Report 2025, qui documente leur fonction dans les réseaux alimentaires et comme refuges pour poissons et mammifères marins.
Une production pas comme les autres : l’exemple de la Saccharina latissima
L’analyse du cycle de vie (LCA – Life Cycle Assessment) de la Saccharina latissima (kombu royal) a été réalisée par des équipes de recherche néerlandaises et suédoises, notamment van Oirschot et al. (2017) dans leur publication « Explorative environmental life cycle assessment for system design of seaweed cultivation and drying » (Algal Research, Volume 27).
Cette étude modélise l’ensemble du système de culture sur chaînes tendues, de récolte, de séchage et de transport pour produire une tonne de protéines à partir d’algues séchées. La méthodologie LCA prend en compte l’ensemble des entrées et sorties du système de production et évalue une gamme d’impacts environnementaux : disponibilité en nutriments, acidification, eutrophisation, changement climatique, toxicité humaine et écotoxicité marine, terrestre et d’eau douce, ainsi que la demande énergétique.
La conclusion principale indique que les impacts environnementaux de la culture, de la récolte et du transport des algues sont insignifiants, la majorité des impacts provenant des infrastructures et des procédés de séchage. Cette recherche souligne également que la culture d’algues ne nécessite ni terres agricoles, ni eau douce, ni fertilisants (Buschmann et al., 2017 ; Gephart et al., 2021, Nature).
Empreinte carbone limitée : données Agribalyse
Les données sur l’empreinte carbone des algues proviennent de la base AGRIBALYSE® version 3.2 (septembre 2024), gérée par l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). Cette base de données publique française fournit des indicateurs environnementaux fondés sur l’Analyse du Cycle de Vie pour plus de 2 500 produits alimentaires et 200 productions agricoles.
Pour 16 espèces d’algues différentes, l’impact carbone est estimé entre 11,6 et 11,8 kg CO2 eq par kg de produit (données pour 1 kg de produit agricole sortie ferme), avec un DQR (Data Quality Ratio) de 2,77 sur 5. Ce score de qualité est considéré comme acceptable par la Commission Européenne, qui recommande la prudence pour les DQR supérieurs à 3. Dans la base AGRIBALYSE, 67 % des données ont un DQR jugé bon ou très bon (1 à 3).
Une revalorisation de +76 % entre 2023 et 2024 a été observée, potentiellement liée à la spécification des emballages par produit, les algues étant souvent conditionnées en petits formats comme les épices. Le Centre d’Étude et de Valorisation des Algues (CEVA), via son interlocuteur Ronan Pierre pour Blutopia, n’a pas pu expliquer précisément cette revalorisation. Plus largement, l’ensemble des acteurs du milieu scientifique français, avec lesquels nous avons échangé, indiquent ne pas comprendre les niveaux particulièrement élevés affichés par les données Agribalyse pour ces produits.
Les données nutritionnelles utilisées pour les comparaisons proviennent de la base CIQUAL (Centre d’Information sur la Qualité des Aliments) gérée par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation). Les algues sont classées dans le sous-groupe « aides culinaires et ingrédients divers » car elles ne peuvent pas être consommées seules en grande quantité.
Le chiffre de 24 % de l’empreinte carbone annuelle française liée à l’alimentation est une donnée de référence utilisée pour contextualiser l’intérêt des algues dans la réduction de l’empreinte alimentaire.
Risques environnementaux à plus grande échelle
Les informations sur les risques environnementaux potentiels de la culture d’algues à grande échelle proviennent principalement de Campbell et al. (2019), « The Environmental Risks Associated With the Development of Seaweed Farming in Europe – Prioritizing Key Knowledge Gaps » (Frontiers in Marine Science).
Cette recherche distingue les cultures à petite échelle (jusqu’à 50 chaînes de 200 mètres), considérées comme présentant peu de risques environnementaux, des cultures à plus grande échelle qui pourraient avoir des conséquences néfastes sur les ressources marines existantes. Le schéma des « possibles facteurs de changement environnemental associés à la culture d’algues » est adapté de cette publication.
L’étude de Hasselström et al. (2018), « Seaweed farming as ecosystem service provider – a case study from the west coast of Sweden » (Marine Pollution Bulletin), fournit une évaluation qualitative holistique des services écosystémiques affectés par la culture d’algues. Ses conclusions indiquent que les services de soutien, de régulation et d’approvisionnement sont principalement affectés positivement ou non affectés, tandis que certains services culturels (récréation, valeurs esthétiques) sont probablement affectés négativement.
L’étude BACI (Before-After-Control-Impact) sur l’aquaculture de kombu royal (Saccharina latissima), mentionnée dans les recherches, a permis d’évaluer l’effet de la culture d’algues sur l’environnement côtier en comparant une ferme d’algues à plusieurs sites témoins non affectés, démontrant que les effets environnementaux sont limités, notamment par rapport à la pisciculture et la culture de bivalves.
Les informations sur les projets de restauration des habitats de laminaires, comme le Sussex Kelp Restoration Project au Royaume-Uni, proviennent des publications de la Zoological Society of London (ZSL) et de Ocean Decade, illustrant les efforts actuels pour restaurer les écosystèmes d’algues dégradés.
La production d’algues dans le monde
Les données sur la production mondiale d’algues proviennent de la FAO (Food and Agriculture Organization des Nations Unies) via son rapport biennal The State of World Fisheries and Aquaculture (SOFIA). L’édition 2026 du rapport SOFIA, publiée en juin 2026, indique une production mondiale d’algues de 40 millions de tonnes en 2024, en hausse par rapport aux 37,8 Mt enregistrées en 2022 (SOFIA 2024). Les données détaillées par espèce, pays, zone de production, source de production et année restent accessibles via l’outil FishStatJ qui centralise les statistiques mondiales sur la pêche et l’aquaculture.
L’analyse comparative entre continents révèle que la Chine représente à elle seule plus de la moitié de la production mondiale, suivie de l’Indonésie en deuxième position et de la Corée du Sud en troisième position (SOFIA 2026). La référence antérieure au rapport 2016 du JRC (Brief on algae biomass production) pour le classement des pays producteurs est abandonnée au profit de ces données FAO plus récentes.
La production européenne (environ 320 000 tonnes en 2022) est documentée par plusieurs sources complémentaires : les données FAO 2022, le rapport 2023 pour le Parlement européen « The future of the EU algae sector », et les statistiques de l’association North Sea Farmers qui documente le développement de l’aquaculture d’algues en Mer du Nord.
Les chiffres spécifiques pour la Norvège (environ 170 000 tonnes) et la France (environ 60 000 tonnes) proviennent des données FAO 2022. La position de la France comme deuxième producteur européen (0,01 % de la production mondiale) et de la Norvège comme premier (0,08 % de la production mondiale) est établie à partir de ces mêmes données. Ces proportions sont à interpréter avec précaution dans la mesure où les données mondiales de référence ont depuis été actualisées par le SOFIA 2026.
Récolte vs. culture : méthodes de production
Les informations sur les deux grandes méthodes de production (récolte en milieu sauvage et culture) s’appuient sur plusieurs sources européennes et françaises.
La distinction entre récolte à la main ou en plongée et culture sur filières suspendues ou en bassins (algoculture) est documentée par le CEVA et le CRPMEM Bretagne (Comité Régional des Pêches Maritimes et des Élevages Marins de Bretagne), qui publie des « Chiffres clés de la production d’algues en Bretagne ».
Les données sur la répartition récolte/culture en Europe (68 % de récolte, 32 % de culture en moyenne) proviennent de l’analyse des 287 390 tonnes produites en Europe en 2019 (données FAO), détaillée dans le rapport pour le Parlement européen de 2023. Cette répartition varie considérablement selon les pays : les pays nordiques (Pays-Bas, Scandinavie) ont déjà amorcé une transition vers la culture, tandis que la France, le sud de l’Europe et la Grande-Bretagne maintiennent des méthodes de récolte traditionnelles.
En Norvège, les espèces les plus récoltées sont Laminaria hyperborea (pour la production d’alginate de haute qualité utilisé comme gélifiant/épaississant dans l’agroalimentaire) et Ascophyllum nodosum (utilisé comme biostimulant/fertilisant pour l’agriculture). Les espèces les plus cultivées sont Saccharina latissima (kombu royal) et Alaria esculenta (wakamé atlantique) pour l’alimentation humaine. La première licence commerciale pour cultiver des algues en Norvège n’a été autorisée qu’en 2014, expliquant le caractère encore jeune de cet écosystème.
En France, les deux algues les plus récoltées sont deux laminaires pour la production d’alginate (Laminaria digitata et Laminaria hyperborea). En aquaculture, les deux productions principales sont la spiruline (cyanobactérie, pas une macro-algue) et le wakamé (Undaria pinnatifida). Cette information provient des données AGRESTE (service statistique du Ministère de l’Agriculture) compilées dans l’enquête annuelle aquaculture 2022-2023.
Le tableau des saisons des algues et les informations sur la réglementation des zones de récolte proviennent du CEVA et du CRPMEM Bretagne, qui documentent les périodes autorisées de récolte pour chaque espèce en fonction de leur saisonnalité.
Saisonnalité et réglementation de la récolte de loisir
Les calendriers de récolte présentés s’appuient sur l’arrêté préfectoral R53-2019-04-29-001, dont les dispositions sont publiées par le CRPMEM Bretagne (Comité Régional des Pêches Maritimes et des Élevages Marins de Bretagne) sur sa page « Récolte de loisir et consommation des algues marines en Bretagne ». Cet arrêté fixe notamment des périodes d’ouverture spécifiques pour certaines espèces : la dulse (Palmaria palmata) est autorisée à la récolte du 1er avril au 31 décembre, et le nori (Porphyra spp.) du 1er mai au 15 novembre. Des hauteurs minimales au-dessus du crampon sont également imposées : 25 cm pour le nori et la dulse, 80 cm pour le haricot de mer (Himenthalia elongata), et 150 cm depuis la base du stipe pour le kombu royal (Saccharina latissima). Ces règles s’appliquent à la récolte de loisir en Bretagne ; d’autres dispositions peuvent s’appliquer selon les départements.
Production française : données AGRESTE
Les données détaillées sur la production française d’algues proviennent de l’enquête annuelle AGRESTE menée auprès des entreprises aquacoles. Depuis 2019, cette enquête intègre les valeurs de stocks de macro-algues produites en tonnes poids vif (ou poids mouillé), c’est-à-dire pesées directement après récolte, avant séchage, transformation ou conditionnement.
Important : L’enquête AGRESTE recense les algues de rive et non les algues de fond destinées exclusivement à l’industrie agro-alimentaire (alginates). Cela explique pourquoi les chiffres AGRESTE indiquent environ 300 tonnes d’algues de rive en 2022, alors que les données FAO incluant les algues de fond indiquent 60 000 tonnes pour la même année.
Les principaux résultats de l’enquête AGRESTE pour 2022 indiquent :
289 tonnes de macro-algues produites (algues de rive), soit une augmentation de 142 % par rapport à 2021
92 tonnes de pertes (surproduction non valorisée), soit une augmentation de plus de 600 % par rapport à 2021
Une forte augmentation de la production d’autres macro-algues que le wakamé (presque x4), incluant Ulva lactuca (laitue de mer), Saccharina latissima (kombu royal) et Chondrus crispus (goémon blanc)
Le Primeur 2020 (dernière version juillet 2022) publié par AGRESTE explique la volatilité des prix : « La hausse des prix, suscitée pour partie par la baisse de la production, peut également s’expliquer par des achats à prix élevés pour réserver des algues : des clients sécurisent leurs approvisionnements en algues en proposant de les réserver à des prix plus élevés que les prix moyens du marché. »
Le rapport AGRESTE 2023 indique un recul de la production : « La culture d’algues et cyanobactéries connaît un recul (- 13,5 % en volume, – 15 % en valeur) avec 453 tonnes produites pour 9,05 millions d’euros. Cette baisse s’explique principalement par la diminution des macro-algues (230 tonnes). » Des événements climatiques ont été reportés par les entreprises productrices comme causes de cette baisse.
Interdiction de l’Undaria pinnatifida et zones potentielles de culture
L’information selon laquelle Undaria pinnatifida (wakamé) est interdite pour de nouveaux projets d’algoculture en Europe provient des recommandations du CIEM (Conseil International pour l’Exploration de la Mer) et du rapport IDEALG 2017 de la Station Biologique de Roscoff.
Le rapport IDEALG explique : « L’algue brune japonaise Undaria pinnatifida (Wakamé) a été introduite en France par l’Ifremer en 1984 pour des essais de culture à Ouessant puis propagée sur quelques sites bretons lors de projets de fermes marines […] Dans tous les sites où cette algue a été introduite en culture, entre les années 1980 et 2000, elle s’est propagée à l’état sauvage à partir de ces cultures mêmes expérimentales et a fait l’objet d’une dynamique d’expansion régionale. »
La carte des zones susceptibles d’accueillir des cultures de kombu royal (Saccharina latissima) en Bretagne a été réalisée par la Station Biologique de Roscoff dans le cadre du rapport IDEALG 2017 (WP6, CEVA). Cette identification utilise la superposition de données climatologiques et hydrographiques avec les paramètres requis pour l’établissement des infrastructures de mariculture. Les prédictions montrent qu’entre 50 000 et 450 000 hectares en Bretagne seraient adaptés à la mariculture de Saccharina latissima, selon les contraintes de profondeur. La comparaison avec les zones actuelles de récolte identifie la zone Sud-Morbihan comme particulièrement propice.
Impact social : entreprises, emplois et profil des travailleurs
Les données sur le nombre d’entreprises par pays et le chiffre d’affaires en Europe proviennent du rapport 2023 pour le Parlement européen « The future of the EU algae sector ». Ce rapport confirme que la France est le pays leader en Europe en termes de nombre d’entreprises travaillant dans le secteur des macro-algues et de la spiruline, ainsi qu’en termes de chiffre d’affaires.
Note importante : Le chiffre d’affaires français est fortement influencé par la culture de cyanobactéries, en particulier la spiruline (214 tonnes pour 7,7 millions d’euros sur les 9,05 millions d’euros totaux en 2023, selon AGRESTE). Les macro-algues comme la laitue de mer, le wakamé ou la dulse représentent donc une part minoritaire du chiffre d’affaires actuel.
Les données sur la taille des entreprises françaises (majoritairement 1 à 2 ETP) et la répartition géographique (forte présence en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie et Nouvelle-Aquitaine) proviennent du rapport AGRESTE 2023.
Les statistiques sur le profil des travailleurs sont issues du même rapport AGRESTE 2023 et révèlent des caractéristiques distinctives :
57,14 % de femmes parmi les employé·e·s permanent·e·s des entreprises de production de macro-algues (à comparer avec la conchyliculture, principale activité aquacole)
27,28 % de femmes dirigeantes dans la culture de spiruline et klamath
50 % de femmes parmi les employé·e·s occasionnel·le·s dans la culture de micro-algues
51,17 % de femmes parmi les emplois à temps plein dans la culture de micro-algues
Le niveau de diplôme des dirigeant·e·s (proportion plus importante de Bac+3 et plus par rapport aux autres activités aquacoles) est également documenté dans le rapport AGRESTE 2023.
La carte interactive des entreprises produisant des algues pour l’alimentation humaine serait basée sur les données des sièges sociaux compilées à partir des sources AGRESTE et du rapport européen.
Marché et tendances pour 2030
Les projections du marché des algues pour l’alimentation humaine (entre 700 millions et 2,1 milliards d’euros en 2030) proviennent du rapport 2023 pour le Parlement européen « The future of the EU algae sector ».
Ce rapport identifie deux sous-segments porteurs :
Le marché des protéines végétales
Les algues directement consommables (fraîches, séchées ou incorporées dans d’autres produits alimentaires)
Le second sous-segment est identifié comme le plus prometteur, avec une valeur projetée entre 600 millions et 1,8 milliards d’euros en 2030. Cette croissance devrait bénéficier de la forte croissance des régimes alimentaires à base de plantes en Europe.
Les recommandations d’experts de l’industrie sur les principales algues à cultiver en Europe d’ici 2030 proviennent également de ce rapport européen de 2023 (parfois référencé comme rapport 2025 car mis à jour) :
Ulva lactuca (laitue de mer) pour la consommation humaine
Saccharina latissima (kombu royal) pour les produits alimentaires et aliments pour animaux
Alaria esculenta (wakamé atlantique) et Palmaria palmata (dulse) pour l’alimentation et les cosmétiques
Asparagopsis taxiformis pour les additifs alimentaires pour le bétail (propriétés de réduction du méthane)
Laminaria digitata (kombu breton) pour la production d’alginate utilisé dans les additifs alimentaires et le bio-emballage
La projection de 85 000 emplois en équivalent temps plein (ETP) en 2030 dans le scénario le plus optimiste (incluant les emplois directs, indirects et induits) provient du même rapport européen.
Les informations sur les applications actuelles des algues (pharmacie, cosmétiques, biostimulants & fertilisants, alimentation pour le bétail, compléments alimentaires) sont documentées dans le rapport européen, qui note que la spiruline et la klamath produites en France sont essentiellement destinées à l’alimentation humaine.