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Environnement

Les algues renforcent la santé des écosystèmes marins. Et en tant qu’aliments, elles ont l’avantage d’avoir une empreinte écologique très faible.

Les bienfaits des algues sur l’océan

Vous pensiez que les algues ne faisaient que flotter au gré des marées ? Détrompez-vous : ce sont de véritables alliées de l’océan. Elles sont capables de renforcer activement la santé des écosystèmes marins.

 

Elles captent le dioxyde de carbone et elles créent de l’oxygène avec le processus de photosynthèse.

Elles réduisent l’acidité de l’océan localement.

Elles hébergent et protègent de nombreuses espèces, et créent des havres de biodiversité dans l’océan.

Elles améliorent la qualité de l’eau en filtrant les excès de nutriments et les polluants.

Elles limitent l’érosion du littoral en agissant comme les boucliers de nos plages.

Les algues : essentielles dans le cycle du carbone

À l’échelle planétaire, les algues sont reconnues pour leur rôle significatif dans le cycle du carbone et la régulation du changement climatique. Et c’est en grande partie grâce au processus de photosynthèse. Comme les plantes, les algues utilisent la lumière du soleil pour capter le dioxyde de carbone (CO2) émis dans l’atmosphère et produire de l’oxygène (O2), essentiel à la respiration des êtres vivants.

Mais la nuance est de mise : le rôle des algues dans le cycle du carbone est difficile à quantifier et les scientifiques restent prudent·e·s, avec des fourchettes très amples. Les estimations les plus enthousiastes disent que : 

“Les algues captent un flux annuel de dioxyde de carbone comparable à celui de la forêt amazonienne.”

• Les habitats d’algues ont été estimés comme captant plus de carbone que les forêts terrestres, les herbiers marins, les mangroves et les marais salants. »

Captation vs. séquestration

Il y a une différence entre captation et séquestration du carbone à garder en tête. En fait, c’est un peu comme la différence entre météo et climat

 

La captation se fait sur un temps très court et à l’échelle locale. Le carbone capté continue de circuler et passe d’une espèce à une autre. Les algues captent donc du carbone mais ce carbone est ensuite libéré si les algues sont récoltées. 

La séquestration, au contraire, se fait sur un temps beaucoup plus long. On laisse les algues se développer et mourir naturellement avant de se déposer sur le plancher océanique et de se décomposer. Là, on emprisonne vraiment le carbone pour plusieurs siècles. 

 

 

Ça, c’est la théorie mais en pratique, c’est beaucoup plus compliqué. Aujourd’hui, le rôle des algues dans la séquestration du carbone reste flou.

En moins de 200 ans, il y a eu une hausse de 30 % de l’acidité de l’océan. Ça pique ! Ce phénomène met en danger des organismes qui ont des structures calcaires, comme les huîtres, les moules… ou les coraux. Et puisque les coraux abritent 25% de la biodiversité marine, s’ils disparaissent, on risque de faire tomber le château de cartes.

 

 

La bonne nouvelle, c’est que les algues peuvent participer à inverser la tendance. En captant du carbone, elles augmentent le pH de l’océan localement… et réduisent ainsi son acidité.

Les algues : capables de réduire l’acidité de l’océan localement

Les algues : havres de biodiversité

Les scientifiques sont unanimes : la biodiversité s’effondre. L’Indice Planète Vivante (IPV) marin mondial montre une baisse de 56 % entre 1970 et 2020. En clair, ça signifie que les risques d’extinction d’espèces sont de plus en plus forts, et les écosystèmes sont de moins en moins résilients.

Les algues peuvent participer à limiter les dégâts : 

• Nourriture : Les algues sont à la base de la plupart des réseaux alimentaires marins. Elles fournissent des sources directes de nutriments et d’énergie pour les autres espèces.

Habitats : Les algues créent des habitats et des refuges pour un bon nombre de poissons et de mammifères, qui viennent s’y cacher de leurs prédateurs, y chasser ou s’y reproduire.

Les algues : havres de biodiversité

Les scientifiques sont unanimes : la biodiversité s’effondre. L’Indice Planète Vivante (IPV) marin mondial montre une baisse de 56 % entre 1970 et 2020. En clair, ça signifie que les risques d’extinction d’espèces sont de plus en plus forts, et les écosystèmes sont de moins en moins résilients.

Les algues peuvent participer à limiter les dégâts : 

• Nourriture : Les algues sont à la base de la plupart des réseaux alimentaires marins. Elles fournissent des sources directes de nutriments et d’énergie pour les autres espèces.

Habitats : Les algues créent des habitats et des refuges pour un bon nombre de poissons et de mammifères, qui viennent s’y cacher de leurs prédateurs, y chasser ou s’y reproduire.

Les algues agissent comme des filtres naturels. Elles améliorent la qualité de l’eau en absorbant l’excès de nutriments et de polluants. Qui a dit que les technologies de pointe allaient nous sauver ?

Les algues : garantes de la qualité de l’eau

Une production pas comme les autres

Si produire, c’est souvent polluer… alors la production des algues pourrait bien faire exception à la règle. En France, les algues sont des ressources locales : elles poussent en Bretagne, mais aussi tout le long de notre littoral Atlantique. La plupart de celles qui se retrouvent dans les rayons de nos épiceries bio sont encore récoltées à la main, avec une empreinte écologique minime.

Même si certains pays ont mis en place des pratiques peu soutenables pour produire des algues à très (très !) grande échelle, ce n’est pas le cas en France, et plus globalement en Europe, où les règlementations sont strictes. Pour grandir, les algues n’ont besoin que de soleil et de nutriments naturellement présents dans l’eau de mer. Pas question de prendre beaucoup d’espace sur terre, de puiser dans les nappes phréatiques pour les arroser d’eau douce ou de les asperger d’engrais !

L'exemple du kombu royal

L’analyse du cycle de vie (ou life cycle assessment pour les anglophones) a été calculée pour la culture de la Saccharina latissima, le kombu royal. Cette algue a une croissance rapide. Elle est facilement cultivée en Europe sur des chaînes tendues côte à côte dans l’océan. La conclusion des chercheuses et des chercheurs est sans appel : les impacts environnementaux de la culture, de la récolte et du transport des algues sont insignifiants. En fait, ce sont les infrastructures et les procédés de séchage qui sont responsables de la majorité des impacts… et cela reste minime.

Une empreinte carbone limitée

Le climat se réchauffe, et c’est lié à notre (bien trop grande) empreinte carbone. Si on veut sérieusement la réduire, il faut regarder ce qu’il y a dans notre assiette. Aujourd’hui, en France, l’alimentation représente 24% de notre empreinte carbone par an et par personne. Et là, les algues associées à des protéines végétales changent la donne.

Des apports nutritifs… sans le poids carbone.

A noter : Les données proviennent de la plateforme Agribalyse de l’Ademe. Pour 16 algues différentes, l’impact est estimé entre 11,6 et 11,8 kg CO2 eq / kg de produit avec un DQR, la note de qualité des données, de 2,77. Ces chiffres sont censés refléter l’état de l’art mais ils manquent encore de fiabilité et ils ne sont ni stabilisés ni définitifs.

Les risques environnementaux associés à la culture d’algues à plus grande échelle

Les données sur l’impact environnemental de la production d’algues restent très limitées. Et surtout, elles varient selon l’échelle de production, qui diffère drastiquement d’une région à l’autre du monde. Si les cultures à petite échelle sont considérées comme présentant peu de risques pour l’environnement, une culture à plus grande échelle pourrait avoir des conséquences néfastes (comme de la compétition dans les nutriments par rapport à d’autres espèces) et ébranler les ressources marines existantes. 

 

Le développement soutenable de la culture d’algues marines devrait donc dépendre à la fois de l’échelle des fermes de culture, de leurs méthodes de production et de la sensibilité des écosystèmes qui accueilleront ces cultures. Il est nécessaire d’éviter les erreurs que l’on a déjà faites à terre avec l’agriculture intensive et la monoculture.

Vers une empreinte écologique encore plus minime

Des projets de co-culture, avec des algues et des ormeaux par exemple, ou de polyculture, avec différentes espèces d’algues, commencent à se développer. Et l’une des manières les plus durables de cultiver les algues serait l’Aquaculture Multi-Trophique Intégrée (aka AMTI). Il s’agit de s’inspirer de la nature et de reproduire les écosystèmes marins dans lesquels toutes les espèces fonctionnent ensemble. C’est l’équivalent de la permaculture à terre ! 

France Haliotis, la culture des algues et des ormeaux
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